Récursif pour piccolo (seul ou avec percussion) 2014

 

Durée env. 5’ - Éditions François Dhalmann

En attente de création

 

 

Cette œuvre pour piccolo seul peut-être jouée avec percussions (2 Toms aigus Ø 10 et 12 ou à défaut 2 Boobams).

Le titre fait référence au procédé d’écriture qui de bout en bout s’autogénère sans aucune répétition sauf dans la coda finale.

La récursivité est particulièrement présente en biologie, notamment dans les motifs de végétaux et les processus de développement. Ainsi les fleurs de tournesol présentent de belles structures récursives.

En ce qui concerne la technique d’écriture mise en jeu ici, la récursivité correspond au fait que la suite des intervalles correspond aux 331 premières décimales du nombre Pi.

3 = tierce mineure (3 demi-tons) = 3 doubles croches

1 = un demi ton = une triple croche 

4 = une tierce majeure = une noire

etc.

Par nécessité musicale d’oreille, l’intervalle + l’octave est parfois employé ainsi que quelques renversements (9 = sixte majeure = tierce mineure)

Le zéro correspond à un silence (et non à 10)

Les appogiatures sont des notes en plus.

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Version avec percussion

Cette œuvre est inspirée dans sa forme par les musiques funèbres de Madagascar où les flûte et percussion accompagnent la course rapide, saccadée et hiératique du corps du mort porté sur les épaules dans tout le village et alentours afin de désorienter son âme. Il faut que celle-ci se perde à jamais sans revenir hanter les vivants. Les instrumentistes ne jouent pas ensembles mais, dans un même moment. Ils font indépendamment l’un de l’autre le maximum de bruit pour effrayer/chasser l’âme du mort. Dans ce cas, le statut de la musique n’est pas l’harmonie mais l’épouvante, que l’on peut apparenter à l’alternance de la terreur et de la pitié dans la Tragédie grecque afin de provoquer la catharsis (dans ce cas permettre le deuil par éloignement de sa mort). Si tant est qu’il faille en rechercher une, la cohérence de ce qui est entendu tient alors à la fonction sociale de la musique : ce pourquoi on joue (circonstances) et non à une volonté d’écriture. La musique n’est pas faite pour qu’on en jouisse mais pour qu’on l’éprouve jusqu’à l’épuisement/apaisement ; c’est une manière de vivre le deuil afin que la société et ses membres retrouvent leur équilibre.

Cette association d’une petite flûte et d’un tambour se retrouvent dans bien des cultures. C’est par exemple en Provence, une petite flûte aiguë (galoubet) jouée d‘une main, accompagnée par un tambourin joué par le même instrumentiste.

 

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Paradoxalement, la même œuvre existe sous le même nom pour... clarinette basse seule (sans percussions).