Court métrage Trio pour flûte en sol, violon et piano (2009/2010)

Commande d'État 2010 pour le CRD de Dordogne (catégorie pédagogie - niveau milieu cycle 3)

Durée : env. 7'30. Éditions François Dhalmann

 

Cette œuvre est la succession de quatre courtes séquences toutes issues des mêmes motifs constitutifs mais présentés sous des angles différents. Pour prendre une image cinématographique, c'est une série de quatre plans continus qui forment une unité de narration et de temps. A l'instar d'un certain traitement expérimental de l'image, l'espace sonore est souvent éclaté : des motifs bien différenciés surgissent de nulle part, dans des registres toujours différents et semblent sans liens apparents. C'est à l'auditeur et surtout aux interprètes de créer du lien, c'est-à-dire du sens. Le travail d'enchaînements des séquences est de même apparenté à l'image : séquence 1 à 2 par un silence (cut) – 2 à 3 par une longue suspension – 3 à 4 par un fondu enchaîné.

 

Comme pour toutes mes œuvres d'apprentissage, je me suis fixé la règle d'un certain classicisme à l'intérieur d'un langage actuel. Sans dépasser certaines limites instrumentales que je m'impose, j'emploie des effets sonores et des modes de jeux contemporains, mais de façon non systématique. C'est ce qui fonde notre musique savante occidentale qui est visé ici. Aussi, la mise en place, l'équilibre, la cohérence harmonique, les articulations instrumentales et formelles, la conduite de la forme - fantaisiste et par association d'idées -, de fréquentes répétitions et retour des motifs, une certaine clarté du discours, sont autant de références à notre tradition musicale.

 

Court métrage est donc une véritable œuvre de concer mais avec un certain degré de simplification qui permet de la mettre à portée plus immédiate des étudiants. Toutefois, l'écriture sollicite les musiciens de façon très exigeante et ce, dans le moindre détail. C'est ainsi que l'on progresse.

 

Mais de par son propos, cette œuvre excède les limites de la pédagogie et se révèle une véritable œuvre de concert. Comme « chacun se fait son film », ce court métrage a quelque chose de grave, entre exaltation et dépression, sorte d'interrogation créant une atmosphère que l'on peut qualifier d'étrange inquiétude. Quelque chose parle, dit, surgit, hurle comme déclamé à l'instar de quelqu'un(e) qui veut se faire entendre. Mais ce sont autant d'histoires sans cesse interrompues, jamais conclues.